Pourquoi le sillon nasogénien (« pli du sourire ») se forme-t-il ?
Le sillon nasogénien est la limite naturelle entre le tissu de la joue et la lèvre supérieure, et on le voit aussi chez les jeunes quand ils sourient. Avec l’âge, la diminution de la graisse profonde du milieu du visage, le déplacement vers le bas et l’avant de la graisse superficielle, la perte de soutien osseux près de l’aile du nez et la baisse d’élasticité de la peau font que le pli devient visible même au repos.
Le pli du sourire se forme à l’endroit où les tissus mous de la joue rejoignent la lèvre supérieure. Sur cette limite se trouvent des attaches proches de la peau des muscles d’expression qui soulèvent la lèvre supérieure, ainsi que des structures de tissu conjonctif qui aident à maintenir la joue en place. Le tissu de la joue au-dessus du pli est relativement mobile et plein, alors que la région de la lèvre en dessous est plus fixe. Quand on sourit, la joue se déplace vers le haut et vers l’extérieur, ce qui fait ressortir cette limite sous forme de pli. La longueur, la profondeur et la forme du pli varient d’une personne à l’autre. Le sillon nasogénien est donc une caractéristique normale du visage, visible aussi chez les enfants et les jeunes quand ils sourient. Sur le plan esthétique, ce qui gêne n’est pas le pli lui-même, mais le fait qu’il apparaisse comme une ombre profonde même quand le visage est au repos.
Avec l’âge, les compartiments profonds de graisse du milieu du visage s’amincissent, le soutien de la région des pommettes diminue et le tissu adipeux superficiel descend un peu, avec le relâchement du tissu conjonctif. Ce tissu qui s’accumule juste au-dessus du pli le fait paraître plus profond. La perte osseuse qui apparaît avec le temps dans la mâchoire supérieure, surtout à côté de l’aile du nez, peut aussi réduire le soutien de la lèvre supérieure et de la base du nez. La perte de collagène et d’élasticité de la peau, les dégâts du soleil, le tabac, une perte de poids marquée et la structure héréditaire du visage contribuent à ces changements. Chez certaines personnes, c’est moins le pli lui-même que l’alourdissement du tissu situé au-dessus qui est en cause. Ainsi, chez deux personnes du même âge, la profondeur et la cause du pli du sourire peuvent être très différentes.
Le problème vient-il du pli lui-même ou du soutien du milieu du visage ?
Chez beaucoup de personnes, le creusement du pli du sourire tient moins au pli lui-même qu’à la perte de soutien du milieu du visage. Dans ce cas, se contenter de remplir le pli peut alourdir le contour de la bouche, alors que soutenir les pommettes et le milieu du visage peut donner un résultat plus équilibré. Quand le soutien du milieu du visage est suffisant mais que le pli reste marqué, une injection directe dans le pli peut être envisagée.
En consultation, le visage est examiné de face et de profil, au repos et en souriant. On évalue la projection des pommettes, la transition entre le cerne et la joue, la présence d’une accumulation de tissu au-dessus du pli et la profondeur de la partie du pli proche de l’aile du nez. Observer comment le visage change assis et allongé peut aussi servir de repère. Au besoin, d’anciennes photos aident à comprendre ce qui a changé au fil du temps. Une idée reçue courante consiste à voir le pli comme un creux profond à combler entièrement. Or, si du tissu descendu se trouve au-dessus du pli, le volume ajouté dans le pli, au lieu de relever ce tissu, peut faire ressortir le contour de la bouche. L’évaluation porte donc non seulement sur le pli, mais sur l’ensemble du milieu du visage.
Pour le soutien du milieu du visage, l’objectif est de compenser la perte de soutien structurel en plaçant une quantité mesurée d’acide hyaluronique en certains points d’appui de la région des pommettes. Cette approche peut, chez certaines personnes, adoucir indirectement l’ombre du pli du sourire ; l’ampleur de l’effet varie d’une personne à l’autre, et elle ne fait pas disparaître le pli à elle seule. Chez les personnes qui n’ont pas de perte de volume marquée du milieu du visage et dont les pommettes sont déjà pleines, ajouter du filler dans les pommettes peut élargir inutilement le visage. Dans bien des cas, on prévoit une association mesurée des deux approches : on évalue d’abord le soutien du milieu du visage, puis on traite le pli restant, si besoin, par une petite quantité de filler directement injecté. Les détails du filler des pommettes et le mécanisme général du relâchement du visage sont présentés dans les pages correspondantes.
Quand et comment injecter directement le pli du sourire ?
L’injection directe dans le sillon nasogénien est envisagée quand le soutien du milieu du visage est suffisant mais que le pli reste marqué, ou quand la partie haute du pli près de l’aile du nez est profonde. On place généralement un soutien profond à côté de la base du nez, et une petite quantité d’un gel de densité moyenne dans une couche plus superficielle le long du pli.
La partie haute du pli, près de l’aile du nez, correspond à une zone où le soutien osseux est moindre. Un soutien mesuré placé en profondeur dans cette zone peut adoucir la transition entre la base du nez et la lèvre supérieure. Dans les parties moyenne et basse du pli, le filler est placé sous la peau en petites quantités, avec une aiguille fine ou une canule à bout mousse, selon l’anatomie de la zone. On y choisit généralement des produits de densité moyenne, capables de suivre le mouvement. Les études cliniques et les indications autorisées de nombreux fillers d’acide hyaluronique incluent les plis du visage de profondeur moyenne à profonde, en particulier le sillon nasogénien. Le produit utilisé est choisi selon l’épaisseur du tissu et la profondeur du pli.
La région nasogénienne fait partie des zones qui demandent une attention particulière sur le plan vasculaire. L’artère faciale remonte autour du coin de la bouche et se poursuit à côté de l’aile du nez sous le nom d’artère angulaire ; son trajet peut varier d’une personne à l’autre. Les injections à côté de l’aile du nez sont donc réalisées avec une prudence particulière ; le choix de la couche, une injection lente, une faible pression et une progression par petites quantités font partie de la sécurité. Avant la séance, on vous interroge sur vos interventions précédentes, vos médicaments et vos antécédents d’allergie ; la zone est nettoyée avec un antiseptique, et la lidocaïne présente dans de nombreux produits réduit l’inconfort. La séance dure le plus souvent 20 à 40 minutes. Un léger gonflement, une sensibilité et des bleus peuvent apparaître pendant quelques jours ; l’aspect définitif est généralement évalué dans un délai de deux à quatre semaines, et le contrôle est planifié en conséquence.
Le filler du sillon nasogénien a-t-il un aspect naturel, et comment éviter l’effet trop rempli ?
Le filler du sillon nasogénien peut paraître naturel quand l’objectif est d’adoucir le pli et que la quantité reste mesurée. Chercher à effacer complètement le pli peut en revanche créer un bombement quand on sourit, une plénitude vers l’avant autour de la bouche et un aspect lourd. Avancer progressivement, évaluer le mouvement du sourire et réexaminer lors du contrôle aident à préserver le naturel.
Le pli du sourire fait partie du langage d’expression du visage ; qu’il se marque quand on sourit est normal. Si l’on utilise trop de produit pour aplanir totalement un pli qui paraît profond au repos, le tissu de la joue vient s’appuyer sur ce volume quand on sourit, et un bombement peu naturel peut se former au-dessus du pli. Cet aspect, où le contour de la bouche ressort et où la région de la lèvre supérieure s’alourdit, est l’une des causes fréquentes de l’effet « trop rempli ». Ajouter du produit à répétition dans le même pli au fil des années peut aussi provoquer une accumulation de filler et son déplacement avec le temps. Une telle accumulation peut au besoin être réduite avec de la hyaluronidase, mais il est plus facile de la prévenir que de la corriger. Le critère du naturel n’est donc pas que le pli ne se voie plus, mais que le visage reste harmonieux en mouvement.
Pour obtenir un résultat naturel, il aide de commencer par une quantité mesurée, d’évaluer d’abord le soutien du milieu du visage, de contrôler le visage pendant la séance au repos comme en souriant, et de porter le jugement final après la disparition du gonflement. Si le pli semble complètement disparu les premiers jours à cause du gonflement, c’est temporaire. Une légère différence entre les deux côtés est normale ; viser une symétrie parfaite peut conduire à utiliser trop de produit. Lors du contrôle, une petite retouche peut être faite si nécessaire, et si elle ne l’est pas, aucune injection supplémentaire n’est faite. Des photos médicales prises dans des conditions standardisées aident à juger objectivement le changement. Les principes généraux pour préserver un aspect naturel sont présentés dans la page consacrée aux résultats naturels.
Quelles options existent pour le pli du sourire en dehors du filler ?
Selon la cause du pli, on peut envisager un filler d’acide hyaluronique dans le milieu du visage, des biostimulateurs pour une perte de volume plus étendue et pour la qualité de la peau, des dispositifs pour un léger relâchement, et des soins axés sur la qualité de la peau pour les rides superficielles. En cas de relâchement marqué, l’effet des méthodes non chirurgicales reste limité, et une évaluation chirurgicale peut se poser.
Les biostimulateurs comme l’hydroxyapatite de calcium ou l’acide poly-L-lactique visent, chez les personnes qui présentent une perte de volume et un amincissement cutané plus étendus du milieu du visage, un changement progressif en soutenant la propre réponse en collagène du tissu ; leurs effets apparaissent sur plusieurs semaines et ils ne sont pas dissous par la hyaluronidase. Les dispositifs comme les ultrasons focalisés ou la radiofréquence peuvent être envisagés pour raffermir en cas de relâchement léger à modéré ; ils n’ajoutent pas de volume. Les soins axés sur la qualité de la peau, comme l’ADN de saumon, les skin boosters ou la mésothérapie, peuvent aider pour les fines rides autour du pli et pour la texture de la peau, mais ne corrigent pas un pli profond. Ces méthodes sont le plus souvent complémentaires plutôt qu’alternatives. Savoir quelle méthode répond à quel problème aide à garder des attentes réalistes.
Le Botox n’est généralement pas considéré comme un premier choix pour le pli du sourire ; dans cette zone, une injection dans les muscles qui soulèvent la lèvre supérieure peut modifier le sourire et le mouvement de la lèvre. Dans des cas choisis, comme le sourire gingival, une très faible dose peut être injectée dans ces muscles, mais le but n’est pas de corriger le pli du sourire. Les situations où l’on envisage le Botox ou le filler sont détaillées dans la page « Botox ou filler ». Chez les personnes qui présentent un relâchement marqué des joues et de la ligne de la mâchoire, un excès de peau ou des plis très profonds, le filler ou les autres méthodes non chirurgicales peuvent ne pas apporter le changement attendu ; une orientation vers un lifting chirurgical peut alors être proposée. La bonne approche, ou la bonne association, est déterminée en consultation en tenant compte de la structure de votre visage et de vos attentes.
Pour qui le filler du sillon nasogénien peut-il ne pas convenir, et quels sont les risques ?
Pendant la grossesse et l’allaitement, en cas d’herpès labial actif ou d’infection autour de la bouche, d’allergie connue à un composant du filler et dans certaines maladies auto-immunes, l’injection n’est généralement pas faite ou est reportée. Les effets secondaires courants sont le gonflement, les bleus et la sensibilité ; parmi les risques rares mais importants figurent l’occlusion vasculaire, l’infection et les réactions inflammatoires tardives.
Le contour de la bouche est une zone où le virus de l’herpès s’installe souvent ; si vous avez des antécédents fréquents de bouton de fièvre, il est important d’en informer votre médecin. La prise d’anticoagulants peut augmenter le risque de bleus ; vous devez consulter le médecin concerné avant d’arrêter vous-même vos médicaments. Un traitement dentaire récent peut aussi influer sur le calendrier. Si un événement important approche, il est plus confortable de planifier l’injection quelques semaines à l’avance pour le gonflement et les bleus éventuels. Si une substance non résorbable comme le silicone, ou un filler de composition inconnue, a déjà été injecté dans cette zone, une évaluation détaillée est nécessaire avant toute nouvelle injection. Chez les personnes qui ont un relâchement marqué et attendent d’un filler un résultat proche d’un lifting, le médecin explique clairement les limites du filler, et peut dans certains cas conseiller de ne pas faire d’injection.
Un léger gonflement, des bleus et une sensibilité au toucher diminuent le plus souvent en quelques jours. En revanche, une douleur qui augmente après l’injection, un blanchiment de la peau, une coloration violacée en réseau, un changement de couleur de l’aile du nez ou de la lèvre supérieure, ou toute modification de la vision ne font pas partie d’une cicatrisation normale. Ces signes peuvent évoquer une occlusion vasculaire et imposent de contacter sans attendre le médecin qui a fait l’injection, ou les urgences. La disponibilité de la hyaluronidase est une mesure de sécurité générale qui permet de dissoudre rapidement un filler d’acide hyaluronique si nécessaire. Un gonflement douloureux ou des nodules rouges apparaissant plusieurs semaines après doivent aussi être examinés. Communiquer le nom des produits et les dates de vos injections précédentes aide à planifier la séance en toute sécurité.
Questions fréquentes
Combien de temps dure un filler du pli du sourire ?
Un filler d’acide hyaluronique injecté dans le pli du sourire reste le plus souvent visible 6 à 12 mois, et cette durée peut être plus longue selon le produit et la quantité. Comme la zone bouge en permanence quand on parle et sourit, la durée est généralement plus courte que dans des zones peu mobiles comme les pommettes ou le menton. Un filler placé dans les pommettes pour soutenir le milieu du visage dure en revanche souvent plus longtemps.
Le pli disparaît-il complètement après un filler du sillon nasogénien ?
En général non, et ce n’est pas l’objectif : le pli du sourire est un pli naturel du visage, et il est normal qu’on le voie quand on sourit. Le but du filler est d’adoucir l’ombre profonde visible au repos. Utiliser trop de produit pour effacer complètement le pli peut créer un bombement et un aspect lourd quand on sourit ; une quantité mesurée vise un résultat plus équilibré.
Le filler du sillon nasogénien change-t-il mon sourire ?
Un filler injecté en quantité mesurée dans la couche appropriée ne modifie pas nettement le sourire. Les premiers jours, le gonflement peut donner une légère sensation de tension ou de plénitude quand on sourit ; cette impression s’atténue le plus souvent en une ou deux semaines. Une trop grande quantité de filler peut en revanche créer un bombement au-dessus du pli quand on sourit ; si vous remarquez une différence qui ne passe pas, elle doit être évaluée lors du contrôle.
À quel âge les plis du sourire commencent-ils à se marquer ?
Il n’y a pas d’âge unique : chez beaucoup de personnes, le pli du sourire commence à se voir aussi au repos dans la trentaine et la quarantaine. La structure du visage, l’hérédité, les variations de poids, les dégâts du soleil et le tabac peuvent avancer ou retarder ce moment. Chez les jeunes, un pli visible seulement quand on sourit est normal et ne justifie pas à lui seul une injection.
L’un de mes plis du sourire est plus profond que l’autre, peut-on corriger cela ?
Le plus souvent oui : la différence entre les deux côtés peut être équilibrée en prévoyant une quantité de produit différente de chaque côté. Il est naturel que les deux moitiés du visage ne soient pas identiques ; la structure osseuse, les habitudes de mastication et le fait de toujours dormir du même côté peuvent contribuer à cet écart. L’objectif n’est pas une symétrie parfaite, mais des deux côtés d’aspect équilibré ; la cause de l’asymétrie est évaluée en consultation.
La perte de dents ou une prothèse dentaire influence-t-elle le pli du sourire ?
Elle peut l’influencer : les dents et l’os de la mâchoire soutiennent la lèvre supérieure et le contour de la bouche. La perte osseuse qui s’installe avec le temps après une perte de dents, ou une prothèse mal ajustée, peut contribuer à un affaissement du contour de la bouche et à des plis plus marqués. Dans ce cas, un avis du dentiste peut être conseillé avant le filler ; un filler injecté sans corriger le soutien dentaire peut ne pas donner le résultat attendu.
Quelle est la différence entre un filler du sillon nasogénien et le lifting liquide ?
Le filler du sillon nasogénien est un soin localisé qui cible un seul pli ou ses points d’appui. Le lifting liquide est une approche plus globale, dans laquelle plusieurs zones comme le milieu du visage, la ligne de la mâchoire et les tempes sont planifiées ensemble avec des fillers, des biostimulateurs et parfois du Botox. Si la cause du pli du sourire est une perte de soutien étendue, un plan plus large peut être discuté.
À quoi dois-je faire attention les premiers jours après un filler du sillon nasogénien ?
Il est généralement conseillé, les premiers jours, d’éviter les positions qui appuient sur le visage, le massage de la zone, l’exercice intense, le sauna et l’alcool. Le froid peut aider à réduire le gonflement ; si vous prévoyez un traitement dentaire prochainement, parlez-en aussi à votre médecin. Une douleur croissante, un blanchiment de la peau ou une coloration violacée en réseau doivent être signalés sans attendre.
Sources (3)
- U.S. FDA: RESTYLANE INJECTABLE GEL, P040024 (Premarket Approval record) (2005)
- U.S. FDA: JUVEDERM 24HV, JUVEDERM 30 and JUVEDERM 30HV Gel Implants, P050047 (Premarket Approval record) (2006)
- Ghaddaf AA et al. (J Cosmet Dermatol): Monophasic versus biphasic hyaluronic acid filler for correcting nasolabial folds: a systematic review and meta-analysis (2022)
Ce contenu est proposé à titre d’information générale et ne remplace pas une évaluation médicale personnelle. Pour tout acte interventionnel, les résultats peuvent varier d’une personne à l’autre. Il est recommandé de demander un avis détaillé à votre médecin avant l’acte.
